Fondée en Mars 2005, cette association a pour but de fournir une aide humanitaire aux populations d’Afghanistan, en particulier dans le domaine éducatif et d’organiser des rencontres culturelles et d’information sur l’Afghanistan.

Assemblée générale du samedi 5 mars 2022

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L' Assemblée Générale de notre association s'est tenue le 5 mars 2022 de 15 h à 18 h à la  Cité des Associations, 93 la canebière - Marseille.

     Une trentaine d'adhérents s'étaient déplacés et d'autres avaient donné une procuration.

L'ordre du jour était :

  • La situation en Afghanistan.
  • Avenir et fonctionnement de l’association.

La réunion a été suivie d’un thé afghan.

Voici le rapport de Michel T. , Secrétaire de l'association :

Rapport d’activité

Je vais simplement aborder quelques points, à titre d’exemples, pour montrer combien nous sommes démunis..

D’abord, le problème de l’exfiltration des personnes qui nous aident en Afghanistan (que j’appellerai nos correspondants).

Dès le mois de décembre 2021, l’ambassade de France à Kaboul a commencé à organiser ce qu’on a appelé « l’exfiltration » des Afghans qui avaient travaillé avec les associations occidentales. Ceci a, d’ailleurs donné lieu à un débat. Certaines associations estimaient qu’elles pouvaient continuer à travailler. Les talibans n’ayant pas les moyens de s’opposer à toutes les démarches d’aide, et pas les moyens non plus de kidnapper cette aide à leur profit.

Nous avons décidé d’essayer de faire exfiltrer les personnes qui travaillaient avec nous par précaution. Nous sommes donc rentrés en contact avec l’adresse e-mail CDCalertes , une adresse gouvernementale qui prenait des inscriptions depuis le Qatar.

Dès le 16 mars 2021 puis le 18 juillet, le 22 juillet puis le 10 août, le 16 août , le 8 septembre 2021, nous avons envoyé des messages au ministre des Affaires étrangères, puis le 15 septembre nous avons écrit au président de la République. . Nous avons traqué sur le net tous les numéros qui pouvaient avoir un rapport avec la confection de la liste. Nous avons établi les listes des personnes que nous souhaitions voir exfiltrer. Aucune réponse. Juste un accusé de réception de la présidence de la République qui assurait qu’ils examineraient le cas.

Par contre, le proviseur du lycée que nous aidions a réussi, avec sa famille , à se réfugier en Hollande..

Nous avons vécu ces mois dans l’angoisse, avec le sentiment d’être ignorés. L’identité des responsables de la liste ne nous était pas connue, les listes ont été détournées, remaniées avant d’arriver à l’aéroport, les « exfiltrés » l’ont été souvent au petit bonheur la chance, certains cars partant pour l’aéroport ont été vidés de leurs passagers. J’ai lu des témoignages (anonymes) des personnes qui ont soi-disant géré les listes, d’où il ressort que personne n’a rien maitrisé, personne n’est arrivé à faire correspondre la liste de départ d’un bus, avec la liste finale des passagers de l’avion. Il reste au moins 1200 personnes qui demandent toujours à être exfiltrées, rien que pour la France.

« Vivacités » et les contacts de la réunion du 19 octobre.

Nous avons réussi à obtenir un beau stand à vivacités, début septembre 2021. Vivacités, c’est la fête des associations de Marseille qui se tient au début du mois de septembre. Nous y avons fait une dizaine de contacts., essentiellement avec des assistantes sociales, des responsables de foyers, des responsables d’association   (l’encre bleue par exemple). Nous avons pris contact avec la nouvelle équipe de la CIMADE, mais, dans l’ensemble, nous n’avons pas réussi à tirer parti de ces contacts. (Handicap dû à la maladie. Déplacements en voiture limités)

Le 19 octobre, après l’intervention de Régis Koetshet à la cité des associations, nous n’avons pas pu tirer parti des contacts avec les personnes et les associations nouvelles que nous avons rencontrées. Nous n’avons pas repris contact avec l’association de culture perse qui s’est nouvellement créé sur Marseille.

La réaction aux événements du 15 Aout.

Au lendemain de la prise de Kaboul par les talibans, le 15 août, nous avons essayé d’organiser une manifestation sous l’ombrière avec forum « Femmes méditerranée ». Ça a été un fiasco, essentiellement parce que les associations que nous avons essayé de faire se rencontrer ne se connaissaient pas : résultat une quinzaine de personnes à tout casser. Nous aurions pu faire ce qui s’est fait dans plusieurs villes de France : un rassemblement digne de ce nom. Par fatigue, par maladresse, nous avons raté encore une occasion.

Pendant 4 à 5 jours, après le 15 août, ça a été une succession de coups de fil, d’interviews, de demandes de rencontres. !)

Depuis le 15 août nous recevons des mails de personnes demandant à travailler comme bénévoles dans l’association, ou de jeunes stagiaires qui ont à se trouver des activités associatives pour faire valider leur formation. Ou encore de personnes cherchant à donner quelques cours de français. Deux ou trois propositions par semaine, que nous ne pouvons pas satisfaire.

Nous sommes sollicités par les réseaux d’hébergement. Ou à l’inverse par des personnes qui demandent à héberger des Afghans ou qui se proposent pour donner des cours. Là encore, si nous arrivons un tant soit peu à rediriger ces demandes, nous sommes dans l’incapacité de répondre à toutes les sollicitations.

Il faut dire que les demandes sont vraiment de toute nature, et que beaucoup   de gens confondent l’association avec un service public.

Comment traiter ces contradictions ?

1) Il faut trier sérieusement les demandes et expliquer que nous ne pouvons pas remplacer un service public défaillant. Il faut de plus en plus diriger les Afghans qui nous demandent de l’aide vers les associations, et les administrations compétentes et favoriser aussi l’entraide. C’est difficile. Plus l’Afghanistan souffre, plus les besoins sont importants et difficiles à satisfaire. C’est difficile à faire, de répondre à des amis, à des connaissances, « nous ne pouvons plus… » La bureaucratie paperassière est tellement complexe qu’il faut acquérir une formation spéciale pour monter un dossier de demande d’asile, un dossier de rapprochement ou de regroupement familial. Tout est fait pour décourager les candidats à l’asile, et nous ne pouvons nous substituer à une administration très insuffisante.

2) A l’inverse, une réponse pourrait être de faire vraiment le maximum. Trouver des locaux, des traducteurs bénévoles plus nombreux, des étudiants en droit bénévoles, des professeurs de français bénévoles, etc . Ce n’est pas impossible à faire, mais c’est largement au-dessus de nos moyens, au dessus de nos capacités militantes. Cela demanderait une équipe permanente d’au moins quatre ou cinq personnes, dont plusieurs traducteurs, avec des horaires de travail fixes, des rendez-vous respectés… Cela exigerait évidemment des subventions. Pour l’instant, c’est un rêve.

3) La solution moyenne :

Celle que nous avons discutée entre nous, dans les réunions de l’équipe d’animation.

Continuer les parrainages. Les parrainages sont ce qu’il y a de plus utile. Les familles pauvres, nous sommes sûrs de ne pas les manquer. Nos correspondants peuvent toujours nous en signaler de nouvelles.

Dans la mesure du possible, participer aux initiatives culturelles, faisant connaître en France la culture afghane, comme le printemps des poètes à Eygalières, que nous préparons pour le samedi 26 mars, afin de faire connaître les poétesses afghanes.

Nous joindre aux initiatives qui pourraient avoir lieu dans le cadre du centenaire de l’établissement des relations diplomatiques franco- afghanes. (Centenaire de l’ouverture de l’ambassade de France à Kaboul).

Pour ce qui est de l’Afghanistan, nous allons suspendre nos aides aux établissements d’enseignement, tant qu’on ne saura pas exactement ce qui y est enseigné. Si les talibans ne tolèrent dans les lycées qu’un enseignement religieux, il est évidemment hors de question que nous les financions. Si par contre, les écoles et lycées entrent en résistance aux talibans et diffusent un enseignement scientifique et un enseignement historique   véritable, dans un esprit laïque, nous reprendrons notre aide à ces établissements. L’enseignement des sciences physiques, de la biologie, sera un critère important. La vérité se discute et se démontre, elle n’est pas la conséquence d’un enseignement religieux. Tel sera notre critère dans l’aide aux établissements d’enseignement.

La menace dominante est aujourd’hui la famine. C’est pourquoi nous allons distribuer une aide alimentaire aux familles les plus pauvres. (Un sac de farine de 50 kg et deux bouteilles d’huile de 5 kg) Ce sera bien peu de choses par comparaison avec l’aide des grosses organisations humanitaires, mais quand il s’agit de sauver des enfants de la famine, cinquante sacs de cinquante kilos, cela peut contribuer à sauver plusieurs vies.

Une ambition réduite, certes, mais limitée par des contraintes indépassables. Nous ne pouvons pas faire plus, à moins d’un recrutement important de personnes efficaces.

Il nous faut remercier Alain, Marie-Pierre et Régine, qui nous ont donné un bon coup de main pour affronter ces difficultés..

Une autre assemblée générale aura lieu en septembre ou octobre pour valider cette orientation, faire le point sur l’aide et élire le CA.

Michel T

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