Fondée en Mars 2005, cette association a pour but de fournir une aide humanitaire aux populations d’Afghanistan, en particulier dans le domaine éducatif et d’organiser des rencontres culturelles et d’information sur l’Afghanistan.

En 2023       :        Adhérer/Réadhérer        |        Faire un don        |        Parrainer un élève  

 
Assemblée générale de notre association
 
Samedi 14 janvier 2023
 Ω Ω Ω
Ce samedi s'est tenue à la cité des associations de Marseille, une Assemblée Générale de notre association pour laquelle 22 adhérents s'étaient déplacés et 20 avaient donné une procuration. L'association était forte de 70 adhérents fin 2022.
 
Michel T. Secrétaire de l'association et de la séance donna la parole à Saadia O. qui insista en premier lieu sur les actions de soutien de notre association aux populations afghanes, microscopiques par rapport à celles d'autres organisations, mais trés efficaces. En s'appuyant sur une compilation d'articles de presse réalisée par Michel, elle brossa ensuite un tableau objectif et critique des situations intérieure et extérieure récentes du pays. Les Afghans se trouvent pour la deuxième fois sous la domination des talibans et vivent des heures particulièrement dramatiques.
 
  • Vous trouverez ci-dessous le texte de cet exposé (*).
 
On aborda ensuite les deux actions de l'association sur place encore possibles :
 
  • D'abord les parrainages, qui concernent actuellement 56 élèves.

         Régine I, nous parla du bilan financier de cette action.

On n'a pas de mal à trouver des élèves à parrainer car pratiquement toute la population est dans le besoin actuellement. Le problème est de les choisir et d'éviter les tricheries.
Nafissa s'appuie sur des personnes de confiance à Kaboul pour choisir des filleuls et distribuer matériellement les parrainages. Elle contrôle que ceux-ci sont remis grâce a des communications téléphoniques et vidéo.
Nous avons dû procédé à deux distributions cette année car les familles ont vraiment besoin de cette aide.
Le problème pour Nafissa est la charge de travail que cela lui demande, charge qui risque encore d'augmenter avec le nombre d'élèves à parrainer.
Une adhérente d'origine afghane parlant la langue du pays s'est proposée de l'aider.
 
  • Puis les distributions de colis alimentaires, seule action avec les parrainages qui subsiste et qui remplace les distributions de matériel scolaire et les travaux dans un lycée.
Là aussi Nafissa s'appuie sur deux personnes de confiance à Kaboul pour choisir les familles bénéficiaires de ces colis et assurer les distributions sans qu'il y ait de tricherie. La dernière distribution a concerné 41 familles.
Ces deux présentations furent suivies de débats entre les participants et les responsables. Elles furent illustrés par des diaporamas montrant les filleuls et les bénéficiaires des colis au moment des distributions.
 
  • Alain B. Trésorier présenta le bilan financier 2022.
  • On procéda ensuite à l'élection d'un nouveau Comité d'Administration qui se réunit sur le champ pour élire le bureau. Celui-ci est composé de quatre personnes.

 

  • Cette réunion se termina par des échanges conviviaux autour d'un thé afghan.

 
(*) Texte réalisé par Michel T à partir d'une compilation d'articles de presse qui a servi à Saadia Osmani : 
 
 

Quelques certitudes sur la situation en Afghanistan

Lors de notre précédente réunion, le samedi 10 octobre, nous voyions avec peine se dessiner le nouveau pouvoir des talebans, nous étions encore sous le choc du 15 Aout. Nous assistions à l’effondrement de l’armée afghane et l’installation, sans résistance ou presque, du pouvoir des talebans.

Nous avons maintenant plus de certitudes.

1)  Les talebans mentent, et il est inutile d’essayer de discuter avec eux pour négocier un quelconque adoucissement de leurs positions. C’est ce qui est devenu évident après la conférence de Doha. Les américains ont essayé de négocier une transition politique : ils voulaient échanger leur départ contre quelques assurances concernant le droit des femmes. Les talebans ont exécuté leur programme sans aucune concession : progressivement, jusqu’à la dernière mesure en date : l’interdiction pour les femmes de suivre des études à l’université. Ne doutons pas qu’ils trouveront d’autres interdictions pour nuire aux femmes.

 

2)  Les américains sont décidés à partir sans revenir. Biden affirme que c’est un pays impossible, condamné à l’enfer. Certains pensent que les américains vont constater les dégâts de leur politique, et revenir pour redresser la situation en ayant compris leurs erreurs : c’est une illusion profonde. Ils payent, ils financent en partie certaines mesures humanitaires, provisoirement, pour que la situation ne soit pas absolument catastrophique. En termes de jeu de cartes, on dirait qu’ils payent pour ne pas jouer. Ils sont bien sur déçus, mais ne reviendront pas.

3)  Ce que nous apprenons de conversations de Doha, et de la période de discussion avant le 15 Août trace un portrait peu flatteur d’Ashraf Ghani et de ses prédécesseurs, à commencer par Karzaï, et le médiateur américain Kalizaï Ces hommes politiques n’ont pas sauvé leur pays : il ont de fait servi de marchepied aux talebans. S’il ne s’agissait que de leur réputation personnelle, peu importerait : mais on aurait pu penser qu’un de ces hommes au moins aurait eu le courage de se mettre en avant pour montrer l’exemple de la résistance. Cela n’a pas été le cas.

4)  Comme il était facile à prévoir, les talebans n’ont pas mis en place le début du semblant d’un Etat, ils s’en soucient d’ailleurs fort peu : ce n’est pas leur problème. Nous avons affaire à quelque chose de totalement nouveau : un groupe politico religieux s’empare d’un Etat, mais se garde bien de le gouverner. Ils veillent au respect de ce qu’ils considèrent comme les bonnes mœurs, c’est tout. Les quelques mesures qui concernent la société civile paraissent autant de promesses mensongères. (exemple : les talebans ont assuré qu’ils paieraient les salaires des femmes qui ne travaillent plus. C’est si difficile à organiser qu’on n’y croit même pas) La reconstitution d’une armée afghane par fusion des talibans avec les troupes de l’ancien Etat apparait un rêve. Comment faire fusionner des troupes qui se sont combattues pendant plus de 20 ans ? Il est clair que les fonctionnaires ne seront pas payés malgré les promesses, pour l’instant ce sont les ONG qui assurent une partie de ce financement.

Les talebans se sont exercés à faire un budget : ce budget porte sur les trois premiers mois de l’année 2022, et ne fait apparaitre aucune aide internationale. C’est un budget de propagande : voyez, nous sommes capables de gérer le pays !

Des spécialistes considèrent que certaines richesses du pays ont été vendues par avance à la Chine, et à d’autres pays, et que les sommes rapportées par la culture de l’opium permettent d’éviter la banqueroute. Ces tractations ne sont évidemment pas publiques.

5)  Certains misent sur les conseils des pays musulmans pour calmer les talebans. L’université sunnite d’Al Azar au Caire ne considère pas que l’interdiction du travail des femmes fasse partie de la loi islamique. Bien des pays musulmans ont des interprétations de la sharia qui sont compatibles avec le fonctionnement d’un Etat laïque. Mais ce raisonnement n’entraine aucune adhésion de la part des talebans, qui sont persuadés d’avoir raison. Tout au plus pourrait on se réjouir de divisions qui pourraient apparaitre dans le mouvement taleb. Mais pour l’instant ces divisions, si elles existent réellement, sont bien cachées.

6)  Les talebans s’expriment par la violence. On aurait pu penser que les talebans arrivés au pouvoir cherchent l’unité nationale et la réconciliation entre les différentes factions. Il n’en est rien. Ils continuent à pratiquer la guerre comme ils l’ont appris : par les attentats kamikazes. Ils font défiler des dizaines de jeunes revêtus de la veste explosive qui est la marque des attentats suicides. Leur but est de gouverner par la terreur. Cette violence mortelle touche les femmes, les fonctionnaires de l’ancien régime, les anciens militaires, un peu au hasard. Les talebans pensent que tuer quelques uns de leurs ennemis terrorisera les autres. Cela ne s’est pas produit : les femmes en particulier ont trouvé le courage de descendre dans la rue.

7)  Plusieurs spécialistes comptent sur les afghans émigrés pour revenir au pays et le transformer. C’est beaucoup leur demander. Quand des femmes et des hommes ont fait l’effort de s’adapter à une autre langue, à une autre culture, il est difficile de leur demander de revenir en arrière et de se mettre entièrement au service de leur pays. Ce peut être le cas de quelques individus, ce ne sera sans doute pas le trajet d’un grand nombre de migrants qui n’ont pas encore effectué leur travail d’installation.

8)  L’opportunisme de la politique étrangère. Les talebans cherchent partout à se faire reconnaître. Heureusement, même les pays les plus proches idéologiquement restent extrêmement prudents. Le Pakistan et la Chine pourraient se laisser aller à reconnaître la république islamique d’Afghanistan mais ils ne le feront pas sans contreparties importantes. Il faut absolument empêcher la reconnaissance de ce régime par la communauté internationale.

Les talebans ont supprimé les visas de sortie du territoire. Cette mesure contribuera à diminuer encore les

9)  Les tâches des organisations humanitaires. Conformément à la déontologie en vigueur, la plupart des ONG continuent leur travail plus ou moins discrètement. Les talebans n’ont pas intérêt à ce que se déclenche une grande famine meurtrière qui tuerait des dizaines de milliers de personnes. Ils laissent faire les ONG, cherchant simplement à les gêner le plus possible. Ils restent souvent dans l’ambigüité : on ne sait pas si l’interdiction du travail des femmes concerne les étrangères qui animent les ONG, ou les seules afghanes. Certainement, les talebans voudraient interdire le travail et les sorties pour toutes les femmes, mais ils n’osent pas encore le dire. Le mensonge est toujours de mise, jusqu’au moment favorable pour eux, qui verra les interdictions se généraliser.

10)  La situation en Iran permet peut-être d’espérer une autre issue : une révolution féministe en Asie Centrale, un soulèvement général des femmes.. Ce n’est pour l’instant qu’un rêve, mais ce n’est pas absolument impossible.

Pour nous, toute petite association, le travail ne change guère. Les sommes expédiées pour les parrainages et les colis de vivres n’attirent pas l’attention, parce qu’elles sont de l’ordre de ce que beaucoup de migrants envoient à leur famille. Notre travail est peu visible mais bien utile.

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